26 mars 2008
Vis ma vie de type qui écrit des trucs #2
Okay, sa mère la pute, nique la vie, ton cul en short, j'ai décidé que j'allais écrire 5 pages par jour. Sauf le week-end où j'ai le droit de rien faire si j'veux parce que quand même, j'suis pas une bêyyyte non plus.
Note pour moi-même : "5 pages par jour, tu l'as écrit devant les yeux du monde entier, tu dois t'y tenir maintenant, faignasse de mes couilles !"
Je suis capable de le faire, j'ai écris 35 pages comme ça entre la fin du mois dernier et le début de ce mois (pour une BD dont je vous parlerais bientôt sûrement, vu qu'elle est en train de se dessiner chez un... dessinateur). Et puis j'ai suffisamment d'idées et de projets pour avoir toujours quelque chose à faire sans avoir à chercher. Et ouais.
Bon le truc c'est que si je ne suis jamais à court d'idées, j'ai parfois vachement de mal à me mettre devant le fichier word et à agiter mes grands doigts classieux quirentrenttrèsbiendansdiversorifices sur le clavier. Je ne saurais pas l'expliquer, surtout que j'aime bien ça et qu'en plus à chaque fois que j'écris, d'autres idées me viennent, ça rate jamais. Nan, j'ai pas d'explication rationnelle, je dois avoir un genre de maladie de glandeur, toujours à jouer à un jeu, à mater un film, à faire des trucs sur le net (nan je ne mate pas de porno, enfin pas toute la journée), bref à pas écrire quoi. Et puis en fin de journée me dire "merde il est déjà cette heure, putain j'ai rien fait, bon je m'y mettrais cette nuit" histoire de ne pas me sentir trop minable. Et puis au milieu de la nuit me dire "Bon finalement je suis trop crevé, je ferais ça demain."
J'ai besoin de m'imposer un rythme et de m'y tenir sinon j'y arrive pas, je fais traîner. J'ai vachement de mal à me tenir à un planning personnel. Par contre si ça implique quelqu'un d'autre (genre un dessineux qui attends le scénar'), là je suis très ponctuel, je déteste faire attendre, je déteste attendre aussi d'ailleurs (autant dire que dans ce "métier" je suis servis...). En fait la seule personne que je peux faire attendre des plombes c'est moi-même, je me demande ce qu'en penserait un psy ? Un manque de confiance ? Une trop grande nonchalance ? Un manque de concentration ? Une envie cachée de niquer ma mère ?
Bon, y me reste 2 pages à faire pour aujourd'hui, je vous aime bien mais du coup, je vous laisse.
PS : J'ai remis les commentaires, je les avais enlevé en bidouillant dans l'admin et après j'ai eu la flemme de les remettre. Toutes façons comme vous dites que de la merde c'était pas très grave. Ah et puis oui, j'ai des soucis d'images dans les archives, j'ai aussi la flemme de réparer mais peut-être que ça se fera tout seul un jour ou l'autre, je vais attendre pour voir.
PPS : Avec tout ça comptez plus sur Les soldats d'Elite de Chez Joe, j'ai plus le temps et les images marchent plus alors ça m'arrange bien. Et puis j'fais c'que j'veux merde, faites chier à la fin.
18 mars 2008
Vis ma vie de type qui écrit des trucs #1
On va faire un jeu : Je vais régulièrement (enfin façon de parler) vous tenir au courant de mes projets "professionnels" histoire de m'amuser, de satisfaire votre curiosité perverse et puis aussi d'avoir une sorte de base de donnée d'évolution de la chose au fil du temps, pour regarder ça d'ici 3 ans et sourire nostalgiquement ou chialer de désespoir. Allez hop.
J'écris et ai écrit des scénariis de BD. Quelques-uns, un certain nombre quoi, certains ont trouvés un dessinateur et attendent donc d'être... dessinés, d'autres sont dessinés et en attente de réponse chez une maison d'édition, d'autres sont en court d'écriture (et donc encore sans dessinateur attitré), d'autres sont encore juste dans ma tête à mûrir doucement.
Ce n'est pas une idée en l'air de faire ça, c'est venu petit à petit. J'ai toujours aimé la BD, en tant que lecteur. J'ai tenté d'en dessiner une il y a de ça quelques années mais je ne suis ni assez bon ni assez acharné dans le domaine pour persévérer, je n'aime pas assez dessiner pour résumer (j'ai aussi tenté des strips plus ou moins réguliers que vous pouvez retrouver sur le net, quelque part, je dis pas où ça vous fera les pieds). Et puis un peu par hasard, il y a un peu plus d'un an je me suis retrouvé à écrire deux petits textes humoristiques pour Fluide Glacial et dans la foulée (pas par hasard là, c'est moi qui me suis proposé de moi-même) dans Psikopat. Deux magazines de BD que je lisais depuis des années (surtout Fluide). Et voilà du coup à aimer écrire des conneries et à me retrouver dans un univers BD ben j'ai commencé à écrire des scénar' de BD. N'ayant pas de relations dans ce milieu mais bénéficiant d'une sorte de carte de visite à utiliser avec Fluide et le Psiko, j'ai écrit différent trucs et pouf ça a marché.
Le personnage maudit :
Bon, "marché" c'est vite dit, mon "premier" projet concernait The Ane Onyme, un personnage avec un sac en papier sur la tête. Série humoristique avec des gags en une planche à la Gaston Lagaffe, le perso est un paumé, SDF, ivrogne, idiot, une loque mais en même temps pas si con que ça, il voulait se trouver un dessinateur pour être un héros de BD. En fait je voulais faire une BD avec lui bien avant Fluide et le Psiko, j'avais même trouvé un chouette dessinateur (dont je tairais le nom vu que ça n'a pas marché). Il avait commencé à en faire des croquis, ça partait bien mais y avait une sorte de manque de sérieux dans le type qui me disait qu'il me filerait tel truc demain et qui restait 3 semaines sans me donner de nouvelles puis qui réapparaissait d'un coup comme ça... J'suis pas tellement maniaque, au contraire, mais bon j'ai des principes, du coup ça s'est terminé en coupage de ponts, allez hop.
Plus tard, une fois Fluide et le Psiko sur le CV, j'ai voulu reprendre The Ane Onyme. Cette fois l'idée c'était de faire des gags en une planche où il se cherchait un dessinateur, toujours, mais chaque planche serait dessinée par un dessineux différent. J'ai contacté PLEIN de gens, mais alors plein, et y en a même un bon paquet qui ont répondu et même positivement, sans déconner. Et des bons en plus (des qui ont des blogs BD très marrants, d'autres qu'en ont pas du tout mais qui ont des BD très marrantes dans les bacs, des qui ont les deux). Seulement j'ai dû arrêter le projet, parce qu'un dessinateur pour une planche en l'air comme ça, faut pas croire mais même s'il a accepté de la faire, en 6 mois faut le relancer 12 fois où à chaque fois il va s'excuser et vous dire qu'il fait ça rapidement et tout et tout hein, hé ho, je m'y mets... mais rien n'arrive. Bon ok certains avaient de très bonnes excuses mais ça n'empêche pas que du coup j'ai dû lâcher le projet, faute de difficulté de gestion. Preuve que c'est le bordel de gérer une vingtaine de dessineux avec un projet qui part de zéro : depuis que j'ai arrêté le truc, il doit y avoir 2 ou 3 dessineux qui se sont inquiétés de ne plus avoir de relances... Bref, projet maudit. Vous pouvez tout de même en trouver quelques planches sur ce blog en fouillant un peu histoire de.
The Ane Onyme et moi c'est une longue histoire, il est né par hasard sur un site de jeux vidéo où je bossais y a de ça euh... j'sais plus, 5 ans peut-être. J'y faisais des petits dessins pourris pour rigoler et c'est devenu une sorte de mascotte. J'ai du mal à me séparer de lui, de ce personnage, je l'aime. Les strips dont je vous parlais un peu au dessus le concernent d'ailleurs. Et puis y a donc eu ensuite ces projets maudits.
Qu'à cela ne tienne j'ai d'autres projets pour lui, des projets BD qui sont écrits (deux exactement) et qui attendent le bon moment, le bon dessinateur. Le concept est un peu différent, surtout pour un de ces deux projets mais c'est toujours The Ane Onyme le héros à chaque fois. Ce que j'aime c'est qu'avec le sac en papier sur la tête ça lui donne à la fois un anonymat qui laisse place à n'importe quel trait de caractère et en même temps une gueule que l'on identifie de suite, que l'on retient facilement.
J'ai même une idée toute autre que la BD pour ce personnage, un truc qui si je vous le disais là vous ferez vous moquer de moi très fort donc j'attendrais de le concrétiser, 10 ans s'il le faut, avant de vous le dire. Ce qu'est sûr c'est que ça ne se fera pas en un jour...
08 mars 2008
Le complot Pow Wow
Le week-end dernier je discutais avec une copine et, je ne sais pas pourquoi, à un moment j'ai fait dévier la conversation sur la chanson "Moi vouloir être chat" de Pow Wow (les vrais savent...). Je ne sais vraiment pas pourquoi parce que bon, je suis loin d'être un de leurs plus fervent fans (si, j'le jure), ça devait bien faire 10 ans que je ne n'avais pas entendu cette chanson, c'est ressorti d'un seul coup, paf. Magie du cerveau, enfin du mien en tout cas.
Pas plus tard qu'il y a quelques heures j'ai ressorti un bout de cette chanson à une autre copine, pensant l'épater grâce à mon immense culture et vous savez quoi ? Elle a bien rigolé parce qu'un autre de ses potes lui a sorti la chanson quelques jours avant... Coïncidence incroyable. Donc c'est simple, je vous le donne en mille : On est combien à parler de "Moi vouloir être chat" de Pow Wow en ce moment ? C'est une sorte de faille temporelle et subliminale organisée par le groupe pour faire un come back fracassant ? Est-ce que vous pensez que le chauve à cheveux longs (mais siii y avait un chauve avec des cheveux longs sur les côtés dans le grouuupe, souvenez-vous meeeerde) y sera encore ? Pensez-vous qu'ils ont maintenant apprit à imiter les riffs de guitares électriques en human beat box ? Est-ce qu'écrire un truc sur Pow Wow à 1h40 du matin ne risque pas de me faire avoir des regrets demain quand j'en aurais conscience ?
Voilà, c'était un post de blog. J'aime bien faire des posts de merde comme ça tiens, faudra que j'en fasse plus souvent.
Et je vous emmerde.
26 février 2008
Les Soldats d'Elite de Chez Joe - Episode 4
Allez hop, l'épisode de la semaine des Soldats d'élite de Chez Joe, paf.
Cliquez sur l'image ci-dessous pour lire l'épisode (lecture pleine écran, puis cliquez à droite pour voir l'image suivante) :
- Aucun G.I. Joe n'a été maltraité durant l'épisode. Même l'ogre Patapouf (qui n'est pas un G.I. Joe d'ailleurs). -
- Lire l'Episode 1 et me vouer un culte.
- Lire l'Episode 2 et m'aduler.
- Lire l'Episode 3 et ériger une statue à mon effigie.
19 février 2008
Les Soldats d'Elite de Chez Joe - Episode 3
Cliquez sur l'image ci-dessous pour lire l'épisode (lecture pleine écran, puis cliquez à droite pour voir l'image suivante) :
- Aucun G.I. Joe n'a été maltraité durant l'épisode. -
- Lire l'Episode 1 et me vouer un culte.
- Lire l'Episode 2 et m'aduler.
16 février 2008
Dead End, la route est longue
Je suis tombé un peu par hasard sur Dead End et parfois, il fait bien les choses, le hasard, ce con. Ca faisait un moment que je n’avais pas ri aussi grassement devant un film, le genre de rire bien franc, qui te sors du bas du ventre. Bon on ne peut pas dire que ce soit une comédie pour autant, c’est à ranger du côté des films de genre, les vrais. Mais il y a des répliques et des situations furieusement hilarantes et ça, c’est bien. Et en fait le concept est tellement simple que c’est à se demander si ça ne tient pas du génie, carrément. Jugez plutôt : papa, maman, fiston (16, 17 ans), fifille (à peu près du même âge) et son petit ami, tous dans la bagnole en direction de chez la grand-mère pour fêter noël, la nuit, une route, des événement bizarres. Voilà ce qu’est Dead End. Ca aurait pu être super mauvais, mais c’est super bon. C’est drôle donc, déjà d’une, drôle parce qu’en fin de compte c’est une satire de la vie familiale où l’on va tous se reconnaître ou reconnaître quelqu’un dans une réplique par-ci par-là, drôle parce que certaines situations le veulent (« regarde chérie j’ai dessiné Brad ») et drôle parce qu’on prend beaucoup de plaisir à les voir péter les plombs un à un.
Mais ce n’est pas que du rire, c’est aussi du suspense inquiétant, angoissant, avec en prime un délire à la David Lynch qui débarque petit à petit et qui te fais bizarre dans le cerveau (dans l’esprit de Mullholand Drive mais en moins euh… bizarre ?). Ouaip, c’est ça Dead End. Et en plus vous savez quoi ? Les acteurs sont vraiment bons, fallait mieux vu qu’ils ne sont pas beaucoup, sinon ça se serait vu... Et devinez quoi, en plus, y a même des trouvailles de mises en scène vraiment géniales, comme ces fois où la famille regarde un corps dans le fossé et que la caméra est posé juste au dessus du cadavre, pointé en direction de la famille… Tout est dans la suggestion, dans le regard des acteurs, dans la situation, j’ai trop kiffé ma bonne dame ! Et malgré toutes ces qualités remarquables Dead End n’est jamais sorti en salles en France, scandaleux. Pire, il a été écrit et réalisé par deux français, Jean-Baptiste Andrea et Fabrice Canepa, qui à la suite des multiples vestes filées par les producteurs de notre beau pays se sont barrés aux Etats-Unis pour tourner le projet (en anglais), il est beau le cinoche franchaoui ! Ah quand c’est pas une comédie romantique à deux balles où une comédie familiale à casting y a plus personne pour investir hein, couilles molles.
14 février 2008
La Saint Valentin d'Henri Salvador
Aujourd'hui je suis complètement à l'ouest, mais alors vraiment. Le cerveau qui pèse très lourd, les paupières qui se ferment sans que je ne demande rien, les phrases qui ne veulent rien dire, Henri Salvador qui est mort. Comme je suis trop un fou j'ai décidé que j'allais écrire une note sur mon blog quand même, pour voir ce que ça fait, demain, quand j'aurais récupéré (enfin peut-être).
Mmmhmhmhm de quoi j'vais bien pouvoir parler doudou dit donc ? Ah, c'est la Saint Valentin aujourd'hui. Gnagnagna pas besoin d'un jour en particulier pour dire qu'on s'aime et que c'est une invention des commerçants et blabla. Moi ce qui m'insupporte le plus à la Saint Valentin c'est tout ces abrutis pseudo anticonformistes (oui je connais ce mot là moi) qui s'insurgent au sujet de la Saint Valentin que vas-y que j'te fais mon intéressant à dire que toutes façons c'est rien qu'une fête pour consommer, que moi ma nana je lui fais des cadeaux même quand c'est pas une fête, et paf, monde capitaliste de merde. Petit connard oui ! Toutes façons c'est pas compliqué, soit tu lui fais un cadeau à la Saint Valentin soit elle te fait la gueule pendant 3 mois alors tes remarques de faux punk tu te les garde, espèce de con.
Et je vous emmerde.
12 février 2008
Les Soldats d'Elite de Chez Joe - Episode 2
Après l'épisode 1, je me suis dis comme ça dans ma tête que ça serait pas mal de mettre l'épisode 2, pas con le mec hein ?
Cliquez sur l'image ci-dessous pour lire l'épisode (lecture pleine écran, puis cliquez à droite pour voir l'image suivante) :
Je rappelle qu'aucun G.I. Joe n'a été maltraité durant l'épisode.
- Lire l'Episode 1 et me vouer un culte.
09 février 2008
Cloverfield, batterie longue durée
Cloverfield c’est avant tout un buzz incroyable sur internet. Un buzz parfaitement agencé et maîtrisé par son producteur J.J Abrams, déjà bien rôdé à ce genre de procédé avec son bébé précédent, la série Lost…
Quand Godzilla rencontre Le Projet Blair Witch
La genèse de Cloverfield a commencé alors que J.J Abrams était en pleine promotion de Mission Impossible 3 (dont il était le réalisateur) au Japon. Il accompagnait son fils dans une boutique de jouet et fut hyper surprit par l’étalage de répliques de Godzilla partout dans le magasin. Là-bas, le célèbre monstre est une icône, il symbolise la peur dans l’imaginaire collectif japonais. C’est sur ce constat qu’Abrams s’est dit « hé ben nous on a pas d’icône du genre alors hé ben je vais en créer une, et paf ! ». Cloverfield était né. Bon je n’ai pas l’habitude de partir dans des réflexions métaphysiques comme un critique pseudo intellectuel à deux sous, mais à l’époque Godzilla symbolisait métaphoriquement la peur du bombardement, d’Hiroshima. Et là où Cloverfield fait fort vis-à-vis du public américain c’est que justement le film est lui aussi une métaphore, celle de la peur des attentats, du 11 septembre. « Qu’est-ce que c’est ? Des terroristes ? » balance une voix dans la panique générale alors que la tête de la statue de la liberté n’est plus qu’un souvenir… Si l’intrigue du long métrage se déroule à New York ce n’est pas un hasard, on se surprend sur certains plans à se dire qu’ils renvoient directement aux nombreuses images des attentats que l’on a tous vus à la télé.
L’autre belle idée c’est celle de filmer presque intégralement à l’aide d’une handy-cam (un caméscope quoi), en intégrant parfaitement ce fait au scénario. Cloverfield part calmement, le temps de poser les personnages, alors que tout un groupe d’amis organise une teuf pour Rob qui doit bientôt partir vivre au Japon (tiens tiens, revoilà le Japon…). Son meilleur copain immortalise donc la fête à l’aide d’un caméscope en enregistrant les messages souvenirs des gens présents, puis survient un gigantesque tremblement qui surprend, puis une explosion, puis deux, puis la panique. Et nous voilà à suivre la tentative de survie d’un petit groupe d’amis au beau milieu d’un New York assiégé par… quelque chose… un truc immense et méchant dont on ignore tout et dont au final, on ne saura jamais vraiment quelque chose de concret. Ce côté caméscope nous plonge véritablement au cœur de l’action, nous immerge avec les personnages comme si nous étions avec eux, comme si c’était nous qui filmions avec notre caméscope et ça, c’est bien.
Paradoxe
Le film repose vraiment sur la handy-cam, tout son suspense, son angoisse (on a jamais vraiment peur mais l’angoisse est palpable par moment), son empathie pour les personnages, tout vient du fait que ce soit filmé comme ça l’est. Sans ça Cloverfield serait sûrement un bête film de monstre sans intérêt tout comme Le Projet Blair Witch ne serait qu’un film raté s’il n’utilisait pas le même procédé. Tout a été construit autour de l’effet caméscope et ça se sent. Pour autant c’est un véritable exercice de style réalisé par Matt Reeves (le réalisateur, donc) qui a tout fait pour que le tout ressemble à une sorte de documentaire géant, à une sorte de tranche de vie, plus qu’à un scénario rocambolesque narré au détour d’une mise en scène utilisant 5 hélicoptères et 34 grues et préparé au millimètre. Et pourtant on devine le travail de titan qu’il a fallut pour faire ça, pour donner cette illusion de simplicité, de spontanéité, moi je tire mon chapeau aussi bien au réalisateur qu’aux mecs chargés des effets spéciaux qui sont à la fois discrets et convaincants. Et ils se payent même le luxe de placer des références cinématographiques qui vont de La Guerre des Mondes (la scène du pont) à New York 1997 (la tête de la statue de la liberté en hommage à l’affiche originale du film de Carpenter)…
Cloverfield c’est une putain de grosse machine hollywoodienne dans un vrai faux emballage indépendant et c’est assez fort. C’est un paradoxe, du grand spectacle avec très peu d’effets spéciaux, un rendu spontané où tout a pourtant été préparé à la poussière près jusque dans le casting. Ce n’est pas un hasard si les acteurs (tous bons d’ailleurs) sont tous d’illustres inconnus du grand public, c’est pour que tout le monde puisse s’identifier à eux (procédé déjà utilisé dans Lost). Immersif.
Je ne vais pas vous parler du monstre, de son aspect, histoire de préserver le secret que J.J Abrams a si bien su orchestrer, juste dire pour ceux qui se demanderaient, oui on le voit dans le film. Furtivement le plus souvent histoire de garder une part de mystère, d’angoisse, puis de front et pourtant malgré ce fait, tout reste mystérieux à son sujet. Vous en saurez presque autant sur lui en sortant de la salle de ciné qu’en y entrant, d’où il vient, qu’est-ce que c’est, pour quelles raisons ? On est comme les personnages du film, on ne sait pas, on subit. Comme on subirait si ça arrivait en vrai, on serait à la merci des médias, de ce qu’on veut bien nous dire et au final surtout de ce qu’on voit de nos propres yeux, là, au détour d’un immeuble, par l’intermédiaire d’une ombre, d’un bruit inquiétant…
Anecdotes à la con sur Cloverfield :
- Cloverfield n’a aucune bande originale, fait rare. Et ça ne choque pas du tout. Il y a juste un thème à la toute fin du générique parait-il (je suis parti avant de l’entendre… le générique de fin est d’ailleurs totalement silencieux, c’est assez bizarre de quitter une salle bondée dans un silence de cathédrale).
- Le titre « Cloverfield » (« champ de trèfles » en anglais) n’a absolument aucune signification sur le film en lui-même, c’était juste un nom de code que ses créateurs lui ont attribués lorsqu’ils n’avaient pas encore choisit son titre. Puis le teasing commençant à se faire sur la toile au nom de « Cloverfield », ils ont décidés de le garder.
- T.J Miller, l’acteur tenant la caméra durant quasi tout le film a vraiment tenu la caméra pendant quasi tout le film... Lorsque c’était un caméraman qui le remplaçait pour des raisons techniques, il devait s’habiller avec le costume de T.J Miller qui lui se tenait juste derrière pour faire des commentaires en voix off.
- Le secret autour du long métrage était tellement bien gardé que Lizzy Caplan (Marlena), comme le reste des acteurs, ne savait pas pour quoi elle auditionnait lors du casting. Elle pensait que c’était une comédie romantique et elle a été prise en lisant une scène d’un script de la série Alias… Les acteurs ont pu lire le vrai script seulement après avoir signé un contrat…
- Faites gaffe au SPOILER => Dans la toute dernière scène de Coney Island, quand la caméra regarde vers l’océan, il parait que l’on peut distinguer au loin quelque chose qui tombe dans l’eau…
- Cloverfield chez votre meilleur ami.
07 février 2008
Dexter (saison 1), serial killer de serial killers
Les séries policières on s’en mange à tour de bras depuis des années. Rares sont celles qui arrivent à se démarquer et à ne pas nous lasser, nous les moins de 70 ans, au bout de 3 épisodes. Octobre 2006, Dexter débarque sur les télés américaines et Dexter fait parti de ces exceptions…
Double jeu
Le pitch de Dexter tient en quelques mots et ces quelques mots suffisent à donner un bon coup de latte dans le merdier, jugez plutôt : « Dexter Morgan est un brillant expert en prélèvement sanguin pour la police de Miami, le jour. La nuit c’est un serial killer… » Ca déchire pas ça comme idée sans déconner ? C’est pas un bon concept ?
Le côté enquête policière est assez classique, ça peut faire penser aux Experts puisqu’on assiste à des prélèvements, des analyses et ce genre de trucs et non pas à des descentes et des fusillades. Mais ce n’est vraiment pas ce qui fait la série, c’est même presque anecdotique, ça nous permet surtout de découvrir un peu les personnages secondaires (presque tous collègues de Dexter) et la « couverture sociale» de notre ami. Ce qui fait la série c’est l’étrange besoin de tuer de son personnage principal. Un besoin qu’il a ressenti dès son plus jeune âge et dont son père adoptif (aujourd’hui mort), ancien flic et le seul à connaître le secret, lui a appris non pas à le maîtriser (c’est visiblement impossible) mais à s’en servir pour faire de « bonnes choses ». On découvre via quelques flashbacks réguliers cet apprentissage qui lui permet aujourd’hui de s’intégrer parmi les gens comme quelqu’un de tout à fait normal et de tuer en ne laissant aucune trace, aucune preuve. Tuer oui, mais tuer des gens qui le méritent, jamais des innocents, un genre d’orientation de ses pulsions meurtrières. Ainsi Dexter s’en prend à des tueurs, violeurs et autres qui eux ne font pas de détails et qui passent à travers les mailles du filet de la justice… Une sorte de Robin des bois du meurtre… Résumons, le jour Dexter analyse les projections sanguines des scènes de crimes et permet ainsi à la police de Miami de traquer les assassins, la nuit il assassine des criminels, sans ne laisser aucune trace, pour assouvir un besoin inexplicable et inavouable. Un double jeu plutôt culotté qui lui permet d’être à la fois un bon expert criminel qui se trompe rarement (normal il pense comme un criminel) et un serial killer impossible à démasquer (normal il pense comme un expert criminel).
Le néant à l’intérieur
Vous l’imaginez, Dexter n’est pas vraiment quelqu’un comme les autres. En apparence et pour la totalité de son entourage, y compris sa propre sœur (qui est flic également et qui est en fait sa sœur adoptive puisqu’il a été adopté), c’est quelqu’un de tout à fait banal, mais dans sa tête Dexter sait qu’il ne l’est pas. Le spectateur assiste aux pensées du personnage via un système de voix off, on découvre ainsi qu’il est incapable de ressentir quelconque émotion. Aucune. Ni amour, ni pitié, ni haine, ni joie, ni compassion, pour personne. Il fait donc semblant, pour tout. Dans le seul et unique but de se fondre dans la masse, de s’intégrer, comme son père de substitution lui a apprit, pour qu’il puisse vivre comme les autres. Même avec sa jolie petite amie il fait semblant. Il n’est pas néfaste pour autant, il essaye du mieux qu’il peut de faire plaisir à ses proches et d’apprécier autant qu’il peut leur compagnie, mais dans le fond ça lui est impossible. Il ne ressent rien, le néant. Le seul et unique besoin profond qui l’habite est celui de tuer. Ce contexte laisse place à quelques situations plutôt amusantes, notamment une où il demande un conseil de couple « normal » à un mari et à sa femme (meurtriers) qu’il s’apprête à descendre… L’humour, relativement noir, est présent même si la série est à ranger du côté du thriller, du drame.
Tout au long de cette première saison l’équipe de flics traque un serial killer qu’ils surnomment « le tueur de glace ». Il découpe ses victimes en ayant prit soin avant de les vider de leur sang, aucune empreinte ne traîne, rien. Du vrai travail de pro qui force l’admiration de Dexter. Une admiration qui deviendra assez vite un secret d’autant plus lourd que le tueur de glace est au courant de celui de Dexter (de secret). Il visite l’appart’ de notre héros quand il n’est pas là et lui laisse des sortes d’indices, comme s’il voulait jouer à chat. Cette situation deviendra parfois très embarrassante pour lui au point de risquer de se faire démasquer par ses collègues…
Pour éviter de faire en sorte que les spectateurs aient des sentiments aussi vides que Dexter vis-à-vis des personnages secondaires, il arrive que l’on suive diverses petites intrigues pour chacun d’eux à commencer par Debra Morgan, la sœur, qui au début de la saison rentre enfin à la criminelle, son rêve, avec un certain talent mais non sans difficulté (heureusement le frangin et son « don » est là pour aider sur les enquêtes). Les autres sont le lieutenant Maria Laguerta qui semble en pincer pour notre ami et qui ne peut pas saquer Debra, le sergent Doakes qui lui ne peut pas saquer Dexter et qui se retrouve coéquipier de Debra, Angel qui semble considérer Dex comme un de ses meilleurs potes (qui lui ne comprend pas pourquoi, forcément il ne ressent rien), Masuka qui passe le plus inaperçu sauf pour faire des blagues de cul et enfin Rita, la petite amie, mère de deux enfants, qui n’est pas du tout flic. Chacune des interprétations est bonne, chaque acteur fait très bien son métier mais le talent le plus en avant est évidemment celui de Michael C. Hall (Dexter) que l’on a déjà pu voir dans l’un des rôles principaux de Six Feet Under. La mort lui colle visiblement à la peau, et ça lui va plutôt bien. Mention spéciale à Jennifer Carpenter dans le rôle de Debra, probablement le personnage secondaire le plus attachant.
Anecdotes à la con sur Dexter
- La série est une adaptation d’un roman de Jeff Lindsay, Ce cher Dexter, que je n’ai pas lu et qu’il m’est donc impossible de comparer aux épisodes télé.
- Dexter chez votre meilleur ami.



