21 janvier 2008
[Les chroniques de l'impossible] Les petites manipulations du quotidien
Les prévisions de la circulation routière type « Bison Futé » qui passent sur TF1 me fascinent. Comment y peuvent affirmer sûr de chez sûr que samedi ça sera vert et que dimanche au contraire sera rouge ? C’est quoi cette vision du futur ? Ca se lit dans le marc de café peut-être ? (Prononcez « mare » et non pas « marque », bande de cons.) Sans plus attendre je vous livre les secrets de la manœuvre :
Toi qu’est pas con (enfin c’est ce que tu crois), tu vois à ta télé que dimanche est rouge et samedi vert, qu’est-ce que tu fais ? Ben tu te dis que du coup tout le monde va partir samedi et donc que samedi va devenir rouge et par extension dimanche vert, c’est logique. Ouais parce que t’anticipes, Bison Futé c’est super regardé, comme la météo, ce sont les vraies émissions stars de TF1, donc ça a des répercussions sur le peuple franchaoui. Seulement ce que t’oublies c’est que tout le monde pense comme ça, parce qu’en France tout le monde se croit malin et tout le monde prend les autres pour des cons. Donc en fait tout le monde part le dimanche et dimanche devient en conséquence bel et bien rouge, et samedi vert… Voilà comment on fait des prévisions routières sur une chaîne à grande audience. On manipule les gens en leur faisant croire qu’ils sont super malins et si toute façon y a des gens assez naïfs pour croire en les prévisions de départ, hé ben Bison Futé passe pour un truc super sérieux, c’est tout bénéf’.
Pour ce qui est de la météo c’est la même chose. Ils disent tout le temps qu’il pleut parce qu’ils ont beaucoup moins de chance de se tromper que s’ils disent qu’il va faire beau, c’est logique. C’est de la manipulation mentale tout ça. Sur M6 et Canal + ça fait longtemps qu’ils ont trouvés la parade pour ne jamais éveiller les soupçons : Ils collent une bonnasse pour la présenter, la météo. Du coup tu réfléchis pas tellement, t’as même tendance à croire tout ce qu’elle te dis la gonz’, avec un décolleté pareil.
- « Monsieur, votre test du Sida est positif. »
- « Ho putain mais c’est génial ! J’suis soulagé »
- « Euh… Vous êtes sûr ? En principe les gens prennent ça assez négativement. »
- « Quoi ? Mais y a rien de négatif là-dedans ! La vie est belle ! »
- « C’est que c’est quand même assez négatif comme nouvelle. »
- « Mais vous venez de dire que les résultats sont positifs ! »
- « Oui… Mais la nouvelle est négative, en fait. »
- « J’comprends rien, filez moi une aspirine. »
Et je vous emmerde.
06 janvier 2008
[Les chroniques de l'impossible] Prendre son pied, et le rendre moche
Un truc que j’trouve horrible dans la mode ces dernières années ce sont les chaussures de nanas. Non pas que je suive la mode (masculine comme féminine) mais je n’ai rien pu faire d’autre que de le remarquer. Y a quelques années de ça, chez les gonzesses, la mode était aux chaussures à plateforme façon mini drag-queen. Le truc qui si tu rates un peu la semelle sur un pas tu te brises la cheville en deux. Cette fameuse période dont le fer de lance était Loanna qui venait de rentrer dans le loft de Loft Story. C’était incroyablement moche, là-dessus n’importe quelle ange paraissait être une pute au rabais, jamais j’ai compris comment certaines filles (beaucoup, c’était la mode) arrivaient à trouver ça beau. Quelques temps après, toujours chez les filles, il y a eu les chaussures de boxeurs. En fait c’était unisexe il me semble mais j’ai surtout vu ça chez les filles (ça doit être parce que je regarde surtout les filles). Vous savez les pompes de boxeurs, des espèces de baskets mais qui montent à mi mollet. Comme des bottes mais en baskets et sans talon. Elles portaient ça avec un froc moulant et les chaussures par-dessus. La classe ultime… Heureusement ça n’a pas duré longtemps. Faut dire qu’à part pour faire de la corde à sauter j’vois pas en quoi ça pouvait leurs servir ces grolles. Aujourd’hui la mode est presque pire puisque c’est aux ballerines. Combien de nanas croisent-on dans la rue qui porte des ballerines aux pieds ? Ces « chaussures » complètement ridicules, toutes plates qui entourent le pied d’une fine couche de tissu, avec une semelle toute aussi légère. Des chaussons quoi, c’est ça. Qu’est-ce que ça peut être laid… Chaque fois que je vois une nana avec ça j’ai l’impression qu’elle va se mettre à arracher ses vêtements qui cacheraient un tutu, avant de faire des petits pas absurdes sur la pointe des pieds, bras tendus en l’air et mains jointes. Le pire c’est que si elles marchent dans la merde elles peuvent non seulement jeter leurs « chaussures » mais en plus se laver le pied six fois de suite pour ne plus que ça sente. Et puis quand elles marchent sur des petits cailloux par exemple, ça doit leur faire mal à ces connes. Nan vraiment je comprendrais jamais comment on peut apprécier porter ces pompes dans la rue, devant tout le monde qui plus est, trop la honte.
Que va être la prochaine mode pédestre féminine ? Je pencherais bien pour des chaussures à talons sexy ce genre de trucs, mais en général les trucs sexy ça n’est jamais à la mode, c’est juste sexy. C’est comme ça. « Ho mon dieu nan c’est trop sexy, j’préfére être à la mode, passe moi donc ces ballerines en peau de chamois. »… Réfléchissons, qu’est-ce qui pourrait devenir à la mode dans les mois ou les années à venir ? Un truc ridicule et moche que la plupart des filles vont porter. Des bottes de caoutchouc ? Pas mal. Des sabots en bois ? Ah là on atteindrait le top niveau. Nan le mieux du pire ça serait des après ski d’été. Je sais pas encore à quoi ça ressemblerait mais ça serait ridicule et laid, c’est suffisant.
Et je vous emmerde.
26 décembre 2007
[Les chroniques de l'impossible] Les aberrations du langage moderne
Y a un truc qui me gonfle particulièrement quand je lis toutes sortes d’articles sur le net ou dans la presse, ou même en dialoguant sur MSN (ouais j’ai MSN, je vous emmerde avec votre ICQ et votre Jabber et votre Yahoo Messenger et toutes ces sortes de choses) c’est une certaine utilisation du langage, des mots, des façons de parler à la con. Bon je ne suis pas un fervent défenseur de la langue française genre académicien hein, c’est juste qu’il y a des sortes de tic dans la façon d’écrire des gens d’aujourd’hui qui me donnent envie de leur rire au nez, et ouais carrément ouuuuh.
Le franglais débile on le trouve aussi chez les chanteurs de zouk/ragga/R’n’B français. Pour vous donner du concret j’ai cherché un exemple dans les méandres des lyrics de ces crooners du futur, au péril de ma vie. Ainsi j’ai trouvé « Princess » (rien que le nom de la chanson donne le ton) du groupe NHZ. Je m’engage d’ailleurs à ne pas me moquer de leur dégaine même si c’est dur, je vais juste vous balancer quelques extraits de leur fantastique chanson qui se suffiront à eux même : « J’ai trop de respect pour toi pour te faire de la peine oh princess » (prononcer « pwine-cesse »), « Je serai toujours là pour toi, te garder près de moi, mon coeur s’envole my love », « Oh my baby je t’aime mais c’est ma plume qui te l’écrit. Oh my baby désormais c’est mon coeur qui te le dis. Oh my baby oh my baby », « My pwin-cesse tu es mienne, je veux pas que tu t’en aille, tu dis die die je ne pourrais te dire bye bye », « My pwin-cesse tu es mienne, je veux pas que tu t’en aille, viens baby on fly ». P’tain j’ai même pas besoin de faire de vannes derrière ça !
De toutes façons ceux qui écrivent des articles à longueur
de journées, comme moi, ce sont forcément des gros cons. Ils passent leur temps
à reprendre des espèces de gimmick pourraves pour donner un peu de couleur à
leur article. Dans la presse/internet jeux vidéo qui se la joue « je parle
avec un truc dans le trou des fesses parce que ça fait plus sérieux, tu
comprends » on retrouve très souvent des expressions dignes de beaux abrutis
qui ne savent pas quoi dire, par exemple « de bonne facture ».
« Oui euuuuuh blablabla blablabla et des graphismes de bonne
facture ». Le truc complètement usé. Vous avez déjà vu des gens qui
utilisent « de bonne facture » dans leurs phrases depuis ces trois derniers
siècles vous ? Ben moi oui, les journalistes en jeux vidéo. C’est
peut-être le domaine du journalisme qui comporte le plus d’expressions minables,
toutes sorties dès que l’occasion se présente pour se donner un style. « De
bonne facture » nan mais… Retourne donc jouer à ton jeu et puis ferme ta
gueule oui. Y en a une autre qu’est en train de devenir super hype c’est
« über ». C’est de l’allemand, ça veut dire « plus de ».
Sauf que là c’est ressorti à toutes les sauces pour faire bien, à tort et à
travers. « C’est un jeu sommes toutes assez classique mais avec ses über
possibilités blablabla » « des über sauts » « des über
graphismes ». Encore une occasion perdue de fermer leur « über »
clapet oui.
Et je vous emmerde.
18 décembre 2007
[Les chroniques de l'impossible] Google, mon amour
J'aime bien mater les statistiques de mon blog parce qu'elles indiquent d'où proviennent les visiteurs. Ainsi, parfois, il y a des gens qui tapent dans google des mots particuliers et qui se retrouvent par chez moi au détour d'un clique, et je les vois, ces mots bien particuliers. C'est ainsi que j'ai découvert (sâchez que je vous salut bien bas messieurs dames) un visiteur échoué en ces contrées virtuelles de personnellement moi-même en ayant inscrit dans notre ami à tous (Google) "Mamie toute nue" (ce blog arrive en deuxième page googlesque de "mamie toute nue", pas mal). J'étais plutôt vachement amusé, mais ce n'était rien comparé au fou rire que j'ai choppé en découvrant ce visiteur, que je ne remercierai jamais assez, ayant débarqué ici en tapant, tenez vous bien, "manger de la merde entre femmes" (je découvre par ailleurs que je suis en quatrième position dans google pour "manger de la merde entre femmes", je ne suis pas peu fier). Sérieusement, vous arrivez à imaginer qu'un type a débarqué ici-même, là, où j'écris en ce moment, en tapant ce truc de taré ! ? J'ai tellement rigolé que j'ai failli appeler toute ma famille pour leur dire (et puis en fait nan...).
Y a aussi un type qu'est arrivé ici en tapant "rapport entre alcofrybas nasier et françois rabelais", mais ça m'amuse vachement moins parce qu'il est visiblement venu ici pour se cultiver (et il a réussi... remarque si en fait c'est drôle). Bref, tout ça pour dire que ça m'a donné l'idée d'apporter une petite précision, pour toi copain lecteur qui déboule dans mon fief en s'attendant à trouver de l'immondice en images, voir même du cul :
Bien que blindé de débauche, ce blog ne comprend aucune photo ou vidéo de pénétration, lesbienne,
sexe, pipe, bite, chatte, clitoris, cunnilingus, fellation, double pénétration,
triple pénétration, quadruple pénétration, nain pervers, suceuse de pieds,
zoophilie, branlette, levrette sauvage dans l'escalier, couille, homosexuel,
bisexuel, trisexuel, quadrusexuel, quintuplesexuel, sodomie, éjaculation
soudaine et anodine, tee-shirt qui mouille, pornographie faciale, lob
d'oreille, trou, sado et éventuellement maso, masturbation, chienne, chauffe
marcel, nichons, nibards, seins, lolos, poitrine turgescente suave sensuelle et
humide, lèvres, caresses, blanche, asiatique, arabe, noire, jeune, vieille, morte, petite cuillère, kamasutra, les plus chaudes actrices porno de ...
(veuillez remplir vous même les pointillés), monté comme un âne ou un dauphin
des îles, cochonne, cheval, shabadabada, odeur perverse, tétons, gland, vagin,
va et vient , creux des reins, foutre, liquide reproductif, enfin sperme quoi,
faisons l'amour dans l'ascenseur, déboîter la passerelle, secouer le berlingot,
casser les pattes arrières, tartiner les miches, casser la lunettes arrière, là
maintenant tout de suite, y a machin qui bande, clara morgane possède sûrement une
très belle collection de timbres, maïté avale tout, evangeline lily nue comme
une boîte à gants, ouvre grand ta bouche, c'est trop petit, toute excitée, X,
XX, XXX, XXXX, XXXXX, ceci n'est pas un ticket à gratter, salope, vieille
bique, tout dur, laisse, fouet, menottes coquines, langue bien placée mais pas
très pendue, dessous de bras, moustache érotique, pine dans le garage, bite au
cul, genoux dans le menton, veuve poignée, aller retour sur la veine bleue,
massage thaïlandais, branlette espagnole, brouette japonaise, tourniquet russe,
aigreur française...
Et bienvenue à ceux qui découvrent ce blog en ayant tapé des mots pervers dans un moteur de recherche.
Et je vous emmerde.
13 décembre 2007
[Les chroniques de l'impossible] Mon passé de génie du crime
A 10, 11 ans on commence sérieusement à s’intéresser au sexe, en tout cas moi c’était à cet âge. Et à cet âge on est encore un enfant alors autant dire qu’il faut faire attention à ne pas se faire gauler en train de mater des trucs cochons par des adultes sinon on se fait sérieusement engueuler et c’est la honte à vie. A mon époque y avait pas encore internet alors fallait déborder d’audace et d’ingéniosité pour obtenir le saint graal, à savoir quelque chose de sexuel, un magazine de charme par exemple (voir beaucoup plus éloquent que charmant). Je me souviens avoir été acheter avec une personne de mon âge, dont je préserverai l’anonymat, un de ces magazines où y avait des bonnes femmes à poil ou presque, Newlook. On était partis à la librairie de la gare, relativement loin de chez nous, dans ce but unique et précis de récupérer le canard, en se donnant du courage pendant tout le trajet. Une fois dans la librairie on a attendu quelques minutes histoire qu’il y ait le moins de gens possible, et puis on s’est emparé de la revue posée tout en haut de l’étalage, nos coeurs battaient tellement fort qu’ils auraient pu exploser nos cages thoraciques. On aurait pu le chourer mais là c’était obligé, on allait se faire prendre. Du coup on pose le mag’ sur le comptoir, prêt à dégager à toute vitesse en se faisant engueuler par le gérant, mais miracle il nous vend le truc, je me demande encore aujourd’hui s’il a vu ce que c’était. Une fois sortis on regardait partout voir si on avait pas été suivi, comme si on venait de commettre un crime effroyable. On osait à peine ouvrir la revue, comme ça, en public. On l’a tout de même suffisamment entre ouverte pour obtenir un numéro de téléphone rose qui ornait une publicité avec une sorte de pute en photo. Il se trouvait que j’avais une carte téléphonique et qu’à la gare y avait des cabines téléphoniques… Ni une ni deux on y va, à deux dans la cabine, en train de numéroter. On regardait vraiment partout autour de nous, on avait l’impression que des hélicoptères allaient débarquer avec des mecs du GIGN qu’auraient sautés tout flingues dehors en nous disant de reposer ce téléphone et de sortir les mains sur la tête bande de cons. Trop les boules. Parmi les mots répétés régulièrement par ce qu’il y avait à l’autre bout du fil il y avait « si vous n’êtes pas majeur veuillez raccrocher ». Nous on a raccroché. C’est bon j’voulais pas finir en taule, ma mère aurait dit quoi ?
La période qui a suivi avec ce magazine était aussi pleine d’adrénaline. Déjà fallait une bonne planque, en général ça finissait derrière un meuble, parce que les adultes n’auraient jamais bougés ce meuble ni eu de raison de regarder derrière et que nous avec nos petits bras de garçonnet on pouvait le récupérer facile, le magazine. Cette sensation d’être un grand brigand me poursuivait toujours, et c’était pas fini. Y avait les séances de lecture, avec les potes bien sûr. Une fois je me souviens qu’on regardait le torchon à deux et que ma tante est passé dans la pièce à ce moment, on l’avait pas entendu arriver, j’ai balancé le magazine en l’air comme un abruti alors que jamais elle n’aurait pu soupçonné qu’on matait des femmes à poils sans ça. Résultat elle m’a demandé « tu regardes un magazine cochon ? » moi j’ai dis « non » (mon visage devait avoir la couleur d’un cul de singe). Et puis elle est partie sans rien vérifier, ouf. Ceci dit fallait réfléchir vite, comment trouver la parade si elle balançait tout à ma mère ? J’ai décidé de prendre les devants, j’suis allez voir ma mère innocemment en glissant lors d’une conversation que je regardais le programme télé quand la tante est arrivée, je l’avais pas entendu alors moi j’ai sursauté en jetant le magazine comme un dingue aahahah elle a cru que je regardais un truc cochon ahahahaha. C’est passé. Du moins je n’en ais jamais entendu reparler. Toujours est-il que cet objet du diable, tout aussi plaisant à tourner les pages soit-il, était une grande source de paranoïa. Je flippais chaque jour qui passait de me faire gauler, j’ai donc décidé d’éliminer les preuves. Le Newlook ont l’a brûlé dans une cour, à l’abris des regards, un après midi. Les restes on les a foutu dans un sachet plastique, le sachet plastique on l’a jeté sur un bord de rivière. Impossible de remonter jusqu’à nous. Rassurez-vous j’avais tout de même arraché les pages les plus intéressantes que j’ai scotché à l’intérieur d’un magazine de jeux vidéo, là où aucun adulte de mon entourage n’irait coller son nez. Un putain de génie du crime, j’aurais pu finir parrain de la Mafia. Et je ne vous raconte pas le jour où un pote a ramené à l’école un jeu de cartes avec des femmes à poil dessus, ou encore quand je matais le journal du hard et le film qui suivait en douce alors que mes parents débarquèrent dans le salon comme ça, en pleine nuit. Jamais j’ai été pris sur le fait, jamais. Un vrai génie du crime je vous dit.
Et je vous emmerde.
20 novembre 2007
[Les chroniques de l'impossible] Les dentiers volants
Quand les beaux jours arrivent j’aime bien sortir me promener, à pieds, à droite à gauche. Pas spécialement parce que c’est agréable (je ne suis pas humain, ce qui est agréable m’est égal) mais parce qu’il y a plein de gens et quand y a plein de gens y a forcément de quoi ramener des anecdotes. Et les anecdotes ça me permet de faire cracher ma plume à défaut d’écraser mon poing dans la gueule d’innocents. A l’heure où j’écris ces lignes je viens de rentrer d’une balade, à un moment je marchais derrière des petits vieux. Les discussions de petits vieux entre eux m’ont toujours étonné, ça parle toujours de santé. Ca se demande comment ça va les varices, les intestins, les boyaux, l’arthrite, ça se dit que tel monsieur est mort, que madame truc a un cancer… Mais tout ça avec un vocabulaire très approprié, très technique, le vieillard ça a un vocabulaire médical plus riche qu’un infirmier. Etre vieux c’est flirter inévitablement avec la mort et entre eux, quand personne d’autre n’est là pour les faire chier, ces gens là ne font qu’en parler. J’me suis toujours demandé de quoi j’allais parler à cet âge si je l’atteins un jour. J’aurais probablement toujours les mêmes passions, sinon ça ne serait pas des passions, mais merde parler de mon arthrite sans cesse… J’préférerai crever que de devenir souffreteux au point de me sentir obligé d’en parler chaque jour qui passe. No future. D’ailleurs cette devise, « no future », ce sont toujours des jeunes qui l’emploie ou la vive alors qu’elle correspond plus que jamais à l’état d’esprit d’un vieux croûton. Qui d’autres qu’un papy ou qu’une mamie ne peut avoir plus envie de vivre uniquement le présent sans jamais penser au futur ? Je suis assez surpris de ne jamais avoir entendu parler de gangs de vieux du coup. « Les dentiers volants » par exemple, qui terroriseraient les habitants du quartier, violeraient les pucelles, tabasseraient les mecs, braqueraient des banques, se drogueraient avec tout ce qui existe, casseraient les vitrines des magasins avec leurs redoutables cannes… Ils laisseraient une odeur de formol après chacun de leur passage... Et de la bave, parce qu’un petit vieux ça bave. Y s’en foutent de tout ils vont crever, ils n’ont plus qu’à se servir de la vie comme d’un supermarché géant sans rien craindre, même pas la mort puisque de toutes façons inévitable, même pas la prison puisque de toutes façons ils vont crever d’ici peu. Ca serait le pire fléau que la terre n’ait jamais porté, personne ne pourrait rien y faire. Au lieu de ça ça s’habille avec des rideaux et du velours côtelé et ça parle de rhumatismes… Aucune classe. Le seul et unique signe extérieur d’une personne âgée pour dire « nique la vie » c’est sa coupe de cheveux, surtout chez les grand-mères. Avoir les tiffs bleu, vert ou rouge c’est quand même un signe de rébellion, on dira ce qu’on voudra.
14 novembre 2007
[Les chroniques de l'impossible] La formule magique
Les filles ont cet avantage incroyable de posséder une formule magique à effet réjouissant en toutes situations, quoiqu’elles fassent. Même lorsqu’elles font quelque chose de déprimant, de triste, d’infiniment chiant, elles peuvent en pas plus de deux mots faire pousser des arcs en ciel autour d’elles, faire bondir des lapins mignons partout, faire chanter des oiseaux merveilleux. Et ce quelque soit leur voix, même avec un son de charcutier qui se dégage de ses cordes vocales une fille a le pouvoir sacré de la parade joyeuse. Cette formule est très simple, elle consiste à dire « toute nue » en fin de phrase, n’importe laquelle. Imaginons que vous venez de vous faire broyer les deux jambes, dans ce cas précis aucune phrase au monde ne peut vous réconforter, palier votre douleur aussi bien physique que morale. Toutes ? Non, deux irréductibles mots employés par la bonne personne résistent à toute forme de souffrance. Une infirmière passe par là par hasard et vous dit « Je vais récupérer les petits morceaux et les mettre dans un sac, toute nue ». Et là c’est magique, à la seconde où les fameux mots sont prononcés des papillons flottent dans votre esprit, des écureuils dansent, un feu d’artifice illumine le ciel… Plus rien à foutre des jambes en moins. Et ça marche avec tout. Voyons quelques exemples de phrases peu enclines à la gaieté (et autres synonymes) dans la vie de tous les jours et rajoutons-y notre formule : « Je vais changer le joint de culasse de la bagnole, toute nue », « Je vais récurer le lavabo, toute nue », « Je vais me raser les jambes, toute nue », « Je vais manger de la merde de chien, toute nue », « Est-ce que tu pourrais te retourner et m’essuyer la morve que j’ai au nez s’il te plait ? Je suis toute nue ». Rien qu’à l’écrire ça me rend heureux. Magique. Par contre si vous inversez les rôles là ça ne va pas du tout, on risque fort de vous prendre pour un pervers, même si c’est pour faire un truc joyeux. Imaginez un peu un gars qui vous dit qu’il va lire une histoire aux enfants, tout nu. Là tout de suite ça fait plus des étoiles qui pétillent dans les yeux hein ? Ou alors un type qui dit qu’il va se rouler dans l’herbe, tout nu. Si une fille dit ça en général on a plein d’images sensuelles (parfois même pornographiques, si si, ça peut) qui nous passent par la tête, si c’est un garçon on a juste envie de le mettre en prison. L’égalité des sexes c’est pas encore pour tout de suite.
Et je vous emmerde.
05 novembre 2007
[Les chroniques de l'impossible] Les petits riens qui font tout
Il y a tout un tas de petites choses qui m’énervent
profondément. Des choses de la vie toutes simples mais qui m’obligent à
contrôler de dangereuses poussées de violence. Des petites merdes de trucs à la
Amélie Poulain mais inversés, c'est-à-dire que si cette connasse aime mettre
les mains dans un sac de grain parce que holalala c’est agréable cette petite
chose de la vie, ben moi y a des petits riens que je conchie. A commencer par
les gens qui plantent leurs talons dans le sol au lieu de marcher normalement.
Quand t’es assis tranquillement dans un appart’ au plancher qui n’est pas en
béton armé et que le type (ou la nana) se met à marcher, tu te mets à sautiller
sur ta chaise sans le vouloir tellement ces abrutis font trembler le sol, avec en
prime le vacarme qui en découle. Boum boum boum à chaque pas, comme un putain d’éléphant,
quand je viens de manger c’est un des trucs les plus désagréables que je
connaisse, déjà que le ventre vide ça me fait chier, j’ai juste envie de leurs péter
les deux jambes, ça leurs apprendra à pas savoir marcher. Même pieds nus ça
fait le même effet hein, j’dirais même que c’est pire parce que tu sens bien la
violence des pas, et pour peu que la personne ne sache pas se déplacer
autrement que vite là t’as envie de lui jeter tout ce que tu peux en plein dans
la gueule dès ses premières enjambées. T’as l’impression d’être sur un bateau
qui tangue avec un abruti qui joue du tambourin pas loin.
23 octobre 2007
[Les chroniques de l'impossible] Statistiques
Quand je sors la nuit, je me fais souvent contrôler par les
flics. J’dirais même qu’à chaque fois que je croise une bagnole de flics la
nuit j’ai le droit à un contrôle d’identité. Même quand c’est pas une bagnole
de flics d’ailleurs, l’autre jour c’est des poulets en civils qui se sont
arrêtés à mon niveau (en enfilant le brassard orange, la BAC) et qui sont venus
me demander si j’avais des armes blanches sur moi ou des substances illicites
avant de me fouiller pour voir si je ne mentais pas. J’avais seulement un
appareil photo numérique, ces cons là m’ont demandés durant de longues minutes
si j’avais la facture de l’objet. Genre tu te balades tout le temps avec la
facture détaillée de chaque objet que t’as sur toi, c’est d’une logique
implacable. A chaque contrôle j’ai l’impression d’être un criminel en série, si
je l’étais je me dirai qu’ils le sentent mais je ne suis même pas un petit
délinquant. J’peux même pas les accuser de racisme vu que la plupart du temps
ils ont la même couleur de peau que moi… Une fois j’ai fais partir mes amis les
bleus en rigolant, faut dire que j’avais un slip dans l’une de mes poches. Le
képi au moment de la fouille me demande ce que j’ai dans la poche, j’y réponds « ben,
un slip ! ». Ils ont tous éclatés de rire, puis sont partis. C’était
le contrôle le plus agréable de ma vie. Y a même l’un d’entre eux qui a dit
quelque chose comme « j’espère que c’est le votre au moins
ahahahaha ». J’aurais bien répondu que c’était celui de sa mère mais
l’ambiance était bonne, fallait pas la gâcher.


